Jeudi 6 décembre 2007
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15:56
Une fois de plus, elle offre son corps aux caprices sexuels du vieillard. Une fois de plus, elle supporte sur sa peau les mains tremblantes, fébriles, sans oser retrouver dans sa mémoire d'autres
sensations interdites. Elle doit oublier L'HOMME puisqu'elle ne doit plus le revoir. Il le faut.
Il pose ses lèvres chaudes de fièvre sur la peau qu'il voudrait brûlante mais qui ne l'est pas.
Elle ferme les yeux. Elle s'accroche à la nuit qu'elle a installée dans sa tête pour oublier l'instant présent, insupportable, et pour se préserver d'un rêve
dangereux.
Elle veut être insensible, indifférente, absente du réel, absente du souvenir, absente de l'espoir.
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Par paul a. cuenca
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Mercredi 5 décembre 2007
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11:28
Elle dort. Son sommeil artificiel est agité. Ses paupières sont fermées sur un cauchemar qui griffe ses sens. Elle gémit. Extériorisation de la douleur morale d'une
écorchée vive. Cris d'angoisse filtrés par la pharmacologie.
Un rayon de soleil force la nuit de la chambre. Une journée s'amorce délicatement, en douceur. Elle s'éveille, lentement. Elle émerge du gouffre de son inconscience pour
entrer dans la vie.
La réalité s'impose à elle et elle va l'affronter en l'agressant, en débordant d'activité. Volontairement,
elle bouscule le temps qui passe. Pour oublier. Pour brouiller l'ordre des heures. Pour briser l'entrave de l'habitude.
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Par paul a. cuenca
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Mardi 4 décembre 2007
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09:56
Elle regarde le parc. Ses yeux cherchent le saule pleureur. Son corps tout entier se tend vers les sensations dont il garde l'indélébile trace enfermée dans son secret. Une quête inconnue
qu'elle ose entreprendre mais qui l'effraie. Une angoisse l'envahit, oppressante, sournoise, obsédante. Tout son être est touché. Son cocon ne la protège plus. Sa cuirasse d'indifférence est
inefficace, inutile. L'apaisement, que tous les soirs elle venait chercher et qu'elle trouvait dans la solitude de sa chambre, ne vient pas. Elle se sent fébrile, anxieuse. La rue, le parc, la vie
extérieure l'agressent parce qu'inaccessibles. La chambre est devenue une vraie cage dans laquelle elle est une oiselle avide d'espace.
Le téléphone, posé sur le chevet d'un lit qui nargue sa solitude, l'attire. Deux fois, elle tend la main vers ce cordon ombilical qui la relie à la vie mais, à l'ultime seconde, elle renonce. Comme
l'oisillon trop faible refuse de se lancer dans un vol libérateur, elle a peur. Peur de son secret. Elle veut s'en éloigner. Elle le fait. Artificiellement, en choisissant le
somnifère.
afck_fck_fck
Par paul a. cuenca
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