Deux photos, deux mondes

Publié le par paul a. cuenca

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Il fait froid. Très froid même. - 5° ce matin. Mais bon tout est relatif. Se répéter inlassablement, d'avoir la chance de posséder un toit, un chauffage, des vêtements chauds. La radio parle de précarité, de sans-logis. On prend son bol de café fumant, on écoute d'une oreille distraite. La vie est dehors. Difficile. Terrible. Angoissante. Et nous, avec nos petits problèmes du quotidien on se donne l'impression d'avoir de vrais problèmes. Puis, là, au détour d'un reportage, une femme, un homme, on augmente le volume de la radio. On pose la tasse de café sur la table. Les mots sont simples. Des mots de tous les jours. L'homme, la femme, parlent avec un débit saccadé. Ils ne trouvent plus les mots. Les phrases sont entrecoupées de ronflement. Ils ont froid. Ils ne savent pas où ce soir ils dormiront. Ils parlent de galère. Mais sans aucune animosité. C'est le mot qui leur vient le plus naturellement à la bouche. Ils sont dehors depuis. Oh, ils ne savent même plus. Qu'importe les dates. Ils sont dehors. Il fait froid. Le journaliste passe à un autre reportage. C'est bientôt Noël. Alors on parle de cadeaux, de réveillons goûteux, d'achats compulsifs. Puis juste après, c'est le moment de l'idylle du jour. L'amour entre un top-mannequin et un président de la République. L'homme, la femme, de tout à l'heure sont bien loin. Pourtant des images refont surface. Celle, insupportable, de ces enfants de Don Quichotte jetés dans l'eau glaciale de la Seine par les forces de l'ordre. Et celle, au même moment, d'un président de la République et d'une chanteuse mannequin, se laissant shooter par une dizaine de photographes, venus là, par le plus grand des hasards, dans un parc d'attraction. Deux images symboles de deux France. La France qui soufre, qui gît dans la précarité et celle qui ne pense qu'à profiter de sa gloire, de sa richesse et qui se met en scène comme un vulgaire rouleau de papier cul. Et nous, au milieu, nous tentons, de temps en temps, de relever la tête. Juste un peu plus, manière de ne pas sombrer définitivement dans cette folie destructrice.
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Publié dans coup de gueule

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shama 08/11/2008 15:30

Je viens relire tes textes, mon mousquetaire!Et rien n'a changé en bien depuis l'an dernier, non, c'est même pire!Et les Enfants de Don Quichotte sont toujours sur la brèche, les démunis de plus en plus nombreux...Bref, galère et encore galère!Donne-moi de tes nouvelles si tu vas bien, Paul!Je t'embrasse

lapassante 08/01/2008 03:14

Olivier, Mesure tes propos, tu ne me connais pas, alors tu mets un bémol quand tu t'adresses à moi. Merci !De surcroît, tu n'es pas sur ton blog ici, alors comment peux-tu te permettre d'envoyer balader les gens qui viennent délivrer de gentils messages à Paul...Et de 3, j'ai voté Sarko... Voilà, tu l'as mon avis...Et 4, heu, non je vais rester polie...!Bises Paul

Olivier 28/12/2007 18:33

=> shama, d'accord avec toi! Voir les flics éventrer les tentes au cutter, ou jeter des gens dans la Seine, ça ressemble tellement à octobre  1961 que ça révolte=> Arno, tu dis que Carla fait le pantin, perso, jà la place du A et du N, je n'aurai mis qu'une seule voyelle entre les deux premieres consonnes, un U=> La Passante, la vie t'interresse-telle si peu, que tu t'en tiennes à de telles banalités==>Tian, Paul, réveille-toi, mon ami, si ce n'est déjà fait, si on ne fait rien, on sera broyé

lapassante 27/12/2007 20:12

Avec un peu d'avance, je viens te souhaiter une très bonne année 2008.Qu'elle t’apporte tout ce dont tu rêves... Merci aussi pour cette année de partage passée en ta compagnie sur mon blog...  Avec ma profonde et sincère amitié.  La Passante 

Arno Mothra 22/12/2007 20:14

Quel est l'avantage pour Carla Bruni de faire le pantin et la récup' politique? J'aimerais franchement savoir.Quant à Sarkozy, encore le travail de l'image, de l'illusion, de brassage de pets pour combler le manque éloquent de prestance. Quel snobisme de notre société !J'en profite tout de même pour te souhaiter de bonnes fêtes de fin d'année, et un doux week-end, malgré le froid.Amitiés