Le cinéma vu par IGLIROS

Mercredi 16 mai 2007 3 16 /05 /Mai /2007 10:33


Le titre du film, la faille, représente plusieurs choses : la faille du meurtre a priori parfait, la faille des personnages principaux, la faille de chacun d'entre nous, mais en aucun cas il ne représente la faille qu'il pourrait y avoir dans le scénario. Car, oui, il n'y a aucune erreur visible (au premier visionnage en tout cas) dans ce thriller absolument incroyable. Tout d'abord, un mot sur l'histoire : un homme assassine sa femme, il signe des aveux complets. Mais il se trouve que le commissaire qui lui a fait signer ces aveux couchait avec sa femme (donc ils ne sont pas recevables…) et que l'arme trouvée sur les lieux du crime n'a jamais servi… Donc, aucune  preuve recevable pour arrêter l'homme, pourtant coupable… Un avocat va tout faire pour retrouver l'arme du crime, mais, trop intéressé par sa nouvelle promotion, il fait mal son travail et l'affaire lui est retirée… Ryan Gosling joue cet avocat désinvolte, ambitieux. Il est brillant, le rôle lui convient parfaitement, mais la palme revient surtout au Grand Anthony Hopkins, assassin vicieux, au jeu sans faute. Son personnage rappelle peut être un peu trop Hannibal Lecter, mais cela ne dérange pas, au contraire… Seul défaut, tout ce qui n'est pas directement rattaché à l'intrigue principale (le nouveau poste de l'avocat, sa relation avec sa future supérieure…) intéresse peu et impose quelques temps morts, qui permettent néanmoins au spectateur d'examiner le problème premier : où est l'arme ? Énigme qu'on ne résout soi-même qu'en même temps que le protagoniste. Bref, au niveau du scénario, c'est tout simplement un pur délice, un vrai thriller qui maintient en haleine jusqu'à la fin.
La réalisation n'est cependant pas laissée de côté : dès le début, la caméra est habilement utilisée, de grands travellings et panoramiques, magnifiques, suivent l'action avec brio. La lumière est également très bien exploitée : clair-obscur, jeu de couleurs ahurissant, la réalisation est vraiment en tout point assez prodigieuse. Mais quelque chose gène, quelque chose qui ne se remarque pas de suite. Le film n'est pas parfait, c'est impossible, il y a un détail, quelque chose qui cloche. Après réflexion, je pense qu'on a parfois l'impression de regarder une très bonne série américaine, avec un héros désinvolte, de beaux mouvements de caméra mais sans vraiment d'intérêt, une intrigue qui stagne parfois un peu trop. Dommage.
En deux mots : un thriller incroyable, en tout point.

La Faille, de Gregory Hoblit
Avec Anthony Hopkins, Ryan Golsing…

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Dimanche 6 mai 2007 7 06 /05 /Mai /2007 14:49

D'habitude, quand on va voir un film, on a (ou pas), avant d'aller voir le film un a priori, puis, quand on sort de la salle, on s'est fait son propre avis. Là, c'est tout le contraire : j'avais un bon a priori avant de voir Spiderman 3 (grâce à la bande annonce prometteuse et aux deux autres volets plutôt convainquants), mais après, plus rien, aucun avis, rien. Le film me parait tantôt très bien, tantôt complètement stupide. Pesons le pour et le contre… Déjà, Spiderman étant à la base un film d'action avec des effets spéciaux de qualité, on peut affirmer sans soucis que ce pari est réussi : de très belles scènes d'actions filmées avec merveille, où le spectateur est transporté, se laisse guider, et est forcément fasciné, des effets spéciaux d'une virtuosité époustouflante : l'homme sable, magnifique, voit son corps (de sable) se modeler à sa guise, Spiderman évidemment, toujours aussi fantastique, mais la palme revient au Symbiote et à Venom (une seule et même personne mais sous deux formes différentes), qui sont tout bonnement sensationnels ! Car oui, dans ce volume, les méchants sont au nombre de trois, l'homme sable, le Bouffon Vert, et le Symbiote, et c'est ce qui fait la force du film. On note cependant, par rapport aux films précédents, une baisse non négligeable des scènes d'actions, mais elles sont ici beaucoup plus spectaculaires. Dans les améliorations, on note incontestablement le Spiderman "Dark", en costume noir, sous le contrôle du Symbiote. Mais c'est également sur ce point que le film pèche et nous offre les scènes les plus ridicules de la saga Spiderman, jusqu'ici sérieuse, avec simplement quelques touches d'humour pendant les combats. Là, c'est de l'humour pur et dur, nul, inintéressant, lourd, voulu, mais vraiment ridicule. On assiste ainsi, pendant une bonne quinzaine de minutes aux remuements étranges de Peter Parker sous contrôle du Symbiote, qui se veut comique, mais ne réussit pas. Cette scène à elle seule détruit le film.
Spiderman s'affiche aussi comme un film proaméricain, notamment quand on voit le héros passer devant un drapeau américain avant de combattre les méchants, la rédemption  du méchant et son sacrifice pour sauver la patrie, la discussion de Spiderman avec l'homme sable (regardez en arrière plan et vous verrez écrit USA en gros), et la morale, qui fait méchamment penser aux paroles de Bush : il faut choisir entre le bien et le mal. Morale qui d'ailleurs, s'inscrit dans l'inverse même du film, qui s'efforce à la fois de montrer qu'on peut faire le mal pour du bien, le bien pour du mal, mais qui, lors de sa morale, assassine cette vision plutôt sympathique du film de super héros  anti-manichéisme. Schizophrénie assez étrange je l'avoue.
Enfin, quelques détails futiles, mais qui font perdre (à mon goût) un petit peu d'intérêt du film : le fait que Venom ne soit pas assez montré et qu'il ne soit pas conforme au Venom de la BD. Défaut majeur pour moi (j'adore Venom) mais qui en fin de compte n'est pas très important. La faiblesse des dialogue durant les combats est aussi à relever.

En deux mots : un film très bizarre, parfois génial, parfois nul, et dont je ne pourrais me faire un avis.


Spiderman 3, de Sam Raimi
Avec Tobey Maguire; Kirsten Dunst, James Franco…

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Vendredi 20 avril 2007 5 20 /04 /Avr /2007 12:17


C'est ce que j'appelle ce foutre de la gueule du monde presque... Pour la première fois depuis longtemps, je sors du cinéma aussi déçu, aussi en colère d'avoir dépensé 4 euros pour voir... ça. Ce n'est même pas du cinéma, c'est de l'amateurisme. Le cinéma, pour moi, est sensé soit comporté un message fort, comme Banlieue 13, soit une très belle image, comme 300. Là, on n'a ni l'un, ni l'autre. Le message est très vite exprimé, en gros, l'humain n'est pas à la hauteur de la planète, il n'est pas digne d'exister presque. Message typique de Werber, je ne le blâmerai donc pas là-dessus. Mais tout en sachant le message à l'avance, pour être satisfait, il me fallait au moins une belle image. L'image est tout bonnement horrible et on ne voit que ça, impossible d'y échapper, un film amateur fait mieux que ça : c'est souvent flou, les plans sont très classiques, rien d'intéressant n'est présent au point de vue cinématographique !  L'histoire, elle, est mal menée. Mélange de documentaire et de fiction, ça devient très vite énervant : le film aurait du se limiter à l'un ou à l'autre. Au niveau des acteurs maintenant... Aucune performance qui marque, des jeux très hésitants, des légers blancs, qui suffisent à faire perdre le peu d'intérêt qu'on a au début du film.
Bon, quelque scènes font sourire, surtout grâce au décalage entre ce que raconte la voix off de Pierre Arditi et ce qui est présenté à l'écran, à d'autres moments, on se dit que l'humain est un boucher (scène avec les poules), mais c'est tout, aucune autre portée, rien. Le film ne dure que 1h25 mais on s'ennuie vraiment jusqu'au bout et on a l'impression d'avoir perdu 3h de sa journée...
Si la réalisation avait été confié à quelqu'un d'autre, peut être que tout cela serait mieux passé, mais le scénario demande surtout à être remanié... En revanche, la promo est bien faite, pour que le film sorte sur autant de salles, et surtout, sorte au cinéma...
En deux mots : un film d'amateur sans aucune portée !


Nos Amis les Terriens, de Bernard Werber
Avec Pierre Arditi, Audrey Dana, Boris Ventura Diaz...
1h25 (et déjà long !!)

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