DES MILLIONS D'EMPLOIS ?

Publié le par paul a cuenca




    A la Une de l'hebdomadaire Marianne, ce titre choc. Une enquête auprès des très petites entreprises, des artisans, des commerçants qui ne demandent qu'à embaucher. Avec à la clé, des centaines de milliers d'emplois non pourvus. En cette période préélectorale, les candidats devraient se pencher dare-dare sur cette enquête.
    Pointé du doigt, la politique des différents gouvernements qui, depuis des lustres, n'ont d'yeux que pour les grandes entreprises. Mais aussi le manque de qualification criante de la main d'ouvre.
    Pour se rendre compte de la crise de ces différents secteurs, il suffit de lire les  légendes consacrées aux photos illustrant l'enquête.
    C'est littéralement édifiant. Cela ressemble aux conversations que nous entendons, chaque matin, au comptoir de nos bistrots préférés. Hélas, nous ne sommes pas ici au fameux "café du commerce"... La réalité est bien différente. C'est tout bêtement la triste réalité dans un pays où le chômage n'est pas prêt d'être endigué.
    Ainsi, pour ce boulanger cité par le journaliste de Marianne « c'est un métier d'avenir, si on prend le temps d'accompagner l'individu, de le valoriser et de lui offrir de vraies perspectives». Un menuisier charpentier surenchérit : « Nos métiers ont été tellement dévalorisés qu'aujourd'hui les jeunes ne veulent plus travailler dans ces secteurs. » Un garagiste s'engage « Je suis prêt à former les jeunes et à les payer à leur juste valeur, mais les charges sont vraiment trop fortes. ».
    Constat amer un peu plus loin, d'un artisan dans la réhabilitation d'habitations : « Les jeunes ne s'intéressent plus au travail manuel. Ils rechignent à se lever tôt, à travailler dans le froid, ils ne veulent pas se salir les mains. »
    Pour ce boucher itinérant «  c'est un métier en perdition. Beaucoup de revendeurs achètent de la viande prédécoupée. Du coup on ne trouve plus personne à former. »
    Et que dire de ce témoignage du plombier : « Je n'arrive pas à trouver un plombier. Cela fait un an que je cherche. Les annonces dans les journaux et à l'ANPE, ça ne marche pas ! »
    Pour terminer ce florilège de témoignages, l'aveu de ce carreleur « Beaucoup partent à la retraite et peu de jeunes sont formés. Or, il faut dix ans pour faire un bon carreleur. On n'est pas prêt d'en sortir. »
    Dans la même enquête, Jean-Paul Charié, député UMP du Loiret enfonce le clou : « Si le taux d'emploi dans l'hôtellerie et les services étaient en France équivalent à celui des Etats-Unis, cela créerait 2 millions d'emplois !!! »
    A vos calculettes.
    Officiellement le chômage en France se situe autour de 3 millions. Pas besoin d'être  grand mathématicien pour comprendre que les solutions pour réduire la fracture sociale existent. Il manque assurément, de la part des politiques, une certaine envie de se pencher sur le problème et de le résoudre.

    Et le député de la majorité de pointer du doigt « le modèle économique à la mode chez nous, la grande surface : hyper standardisation, prix cassé, services réduits au maximum. »
    Petit retour en arriére : en 2002, le Premier ministre de l'époque, un certain Jean-Pierre Raffarin avait annoncé à l'occasion du congrès de l'Union Professionnelle Artisanale, la création de 500.000 emplois en 5 ans. Une fois encore, un simple effet d'annonce, comme notre classe politique en raffole. Toujours relayé avec une bienveillance par les médias.
Pourquoi ne pas poser la question, cinq ans près : Combien d?emplois créés dans le secteur de l'artisanat depuis ce discours tonitruant de Jean-Pierre Raffarin ?
    Quel est l'homme ou la femme  politiques briguant le mandat suprême, l'an prochain, qui va s'engager concrètement sur ce dossier ?
    Car il ne faudrait tout de même pas oublier que ce secteur économique emploie actuellement plus de deux tiers des actifs.
    L'homo politicus peut-il rester sourd, indéfiniment, à l'appel lancé par ces chefs d'entreprises, qui ne demandent qu'à embaucher ?
    Bien entendu, ce n'est peut-être pas très porteur pour tous ces prétendants de la République qui aspirent à la  Une des magazines people, et rechignent à plonger leurs mains manucurées dans le cambouis...
C?est bien là, tout le paradoxe de notre pays !


Sources : Marianne n°490


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