JACQUES CHIRAC, LE SENSIBLE

Publié le par paul a cuenca


Notre président de la République est un cinéphile qui devait s'ignorer, jusqu'à la semaine dernière. C'est en visionnant le dernier film de Rachid Bouchared « Les Indigènes » qu'il s'est souvenu que le problème scandaleux des anciens combattants originaires des ex-colonies n'avaient été que partiellement réglé. Ces soldats venus libérer la France et qui tombèrent comme des mouches sur les différents fronts n'ont jamais obtenu les mêmes pensions militaires que les soldats français. Les pensions furent « cristallisées » (le beau terme !) en 1959 .
Et les médias, aujourd'hui, nous parlent de l'émotion ressentie par Jacques Chirac devant cette injustice. Mais, comble d'ironie, ce n'est pas le Ministère de la Défense qui a fait pression pour que réparation soit faite. Non, c'est le film « Les Indigènes » et l'interprétation des quatre Bourgeois-Beurs du cinéma français : Samy Naceri, Sami Bouajila, Roschdy Zem, Djamel Debbouze...
Avouons que cette histoire est merveilleuse, mignonne comme un conte de fée. Tant de temps perdu, alors qu'il suffisait d'un film pour que le problème soit réglé. Mais bon sang, comment ne pas y avoir pensé avant ?
En entendant les propos de la Ministre de la Défense, sur France Inter, on a compris qu'une certaine hypocrisie devait régner en haut lieu. Tout en se félicitant de cette initiative, elle semblait légèrement préoccupée par le financement de ce réajustement des pensions. En bonne politique, elle a botté en touche, vers son collègue de Bercy, qui, va sans doute se réjouir de l'envoi. De là, à trouver le financement. Il faudra suivre de près nos médias qui ne manqueront pas de faire un reportage « in situ » quand le premier ancien combattant touchera son pécule.
En attendant, et parce que nous sommes d'ardents cinéphiles, nous lançons un appel aux cinéastes pour réaliser le plus vite possible un film sur le problème criant des sans-papiers, avec projection privée à l'Elysée. Gageons, que notre cher Président de la République, sera une fois encore ému aux larmes et donnera l'ordre à son Ministre de l'Intérieur, de revoir illico presto sa loi sur l'immigration. Mais, il y a urgence, car je doute qu'en juin 2007, le nouveau chef de l'Etat trouve le temps d'être ému par un film. Ce genre d'émotion n'arrive qu'au bout de deux mandats. Et d'une très très longue carrière politique...

Repères :

    - La différence entre un ancien combattant français et les soldats de l'ex-empire français est impressionnante. Le combattant français reçoit une pension mensuelle d'invalidité de l'ordre de 700 €. Le soldat Sénégalais va toucher 230 €, le Camerounais, 104 €. L'ancien combattant issu du Maghreb ( Algérie, Maroc, Tunisie), se contente, lui, de 61 euros.
Inutile de préciser que les uns et les autres connurent les mêmes souffrances, les mêmes blessures, mais aussi les mêmes joies de libérer la France, alors nommée, la Mère patrie.

    - Le mot « cristallisation » est peu usité. Il désigne tout simplement le blocage par l'Etat Français, des pensions des combattants des anciennes colonies. Cette « cristallisation » remonte à 1959, au moment où les anciennes colonies se sont libérées du joug colonial. C'était peut-être, dans la peau des législateurs de l'époque, une façon de faire payer ce sentiment de Liberté qui émergeait chez les anciens colonisés.

    - D'après le ministère délégué aux Anciens Combattants, il resterait actuellement 80.000 anciens combattants d'une vingtaine de nationalités différentes.







    

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