L'ENTERREMENT D'ANNA POLITKOVSKAÏA

L'émoi suscité dans le monde, après l'annonce de l'assassinat d'Anna Poiltkovskaïa, laissait augurer un enterrement à la hauteur de cet événement. Mais, il faut bien avouer, que ce n'est qu'une petite foule de quelques milliers de libéraux moscovites qui s'était déplacée, hier après-midi, au cimetière de Troïekourovskoe, pour rendre l'ultime hommage à Anna.
Devant le cercueil ouvert, selon la tradition russe, plusieurs orateurs se sont succédés pour rappeler le combat de cette femme pour la liberté. Mais certains ont regretté de ne pas voir une foule plus importante pour ces funérailles. Ainsi Alexandre Minkine, journaliste, avec une certaine amertume posait la question qui était sur beaucoup de lèvres : "Il aurait dû y avoir aujourd'hui 10.000 étudiants..."
Les démocraties occidentales ne se sont foulées, non plus... Le plus haut dignitaire présent à l'enterrement était l'ambassadeur américain à Moscou... L'ambassadeur de France n'a même pas assisté aux obsèques. Il s'est contenté de rendre une visite, hier matin, à la rédaction du journal où travaillait Anna, NovaIa Gazeta. Une visite de courtoisie, en quelque sorte...
Anna Politkovskaïa, véritable conscience de la Russie, aurait méritée un hommage mondial plus éclatant. Car avec son assassinat, disparaît, une des dernières plumes susceptibles de crier à la face du Monde, la tragédie qui se déroule, sous nos yeux, en Tchétchénie, mais au-delà dans cet ancien empire soviétique cannibalisé pour un Poutine, plus que jamais maître du Kremlin...

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