IL Y A 45 ANS LE MASSACRE DES ALGERIENS
La France a décidément la mémoire bien courte. Il y a tout juste 45 ans, des centaines d'algériens étaient massacrés à coups de crosse ou noyés dans la Seine, par la police parisienne, dirigée par le sinistre Maurice Papon. Ces Algériens qui furent ainsi massacrés par la police Républicaine avaient le tort de manifester pacifiquement à l'appel du FLN, contre le couvre-feu imposé par le préfet de police de la capitale, Maurice Papon.
Ce couvre-feu était une véritable insulte à la population Algérienne. Elle lui interdisait tout simplement de circuler entre 20h 30 et 5h 30... Ce couvre-feu avait été instauré à la suite de l'assassinat de 11 policiers par les commandos du FLN.
Quelques jours avant le massacre du 17 octobre, Maurice Papon avait fait une déclaration qui en disait long sur les intentions de représailles des forces de l'ordre:
" Pour un coup reçu, nous en rendrons dix... On vous couvrira, vous serez en état de légitime défense..."
Un véritable appel au meurtre !
Ce 17 octobre 1961, plus de 30.000 personnes ont répondu à l'appel du FLN. Un véritable camouflet pour les autorités françaises. C'est un véritable raz-de-marée qui déferle dans la capitale. Des êtres humains qui veulent manifester pacifiquement et dans la dignité contre l'arbitraire dont ils font l'objet.
Durant de longues heures, la police républicaine va faire la chasse au faciès. Sous le regard des passants, elle arrête, tue, jette dans la Seine des dizaines de manifestants. La haine est dans la rue. Quelques années après les années sombres de l'occupation par les troupes nazis, la capitale connaît une véritable chasse aux "arabes" comme autrefois on chassait le "juif"!
Le gouvernement ferme les yeux sur ce scandale honteux.
Le ministre de l'intérieur, Roger Frey parle de "règlements de compte entre Algériens" et ne dénombre que 3 morts et 64 blessés. Le président de la République, Charles de Gaulle, le premier ministre, Michel Debré, couvrent ces "ratonnades"...
Dans les jours qui suivent ce massacre, la presse est censurée, les livres saisis, les archives interdites d'accès...
La France, si prompte à rappeler au monde entier, son héritage glorieux de la Révolution Française, joue dans la cour des plus sinistres dictatures.
Quelques années plus tard, Elie Kagan, un des rares photographes à couvrir cette manifestation, parlera. Il témoignera de l'horreur de cette nuit qui fait honte à la France.
Le bilan de ce 17 octobre 1961, malgré trente longues années de censure, sera enfin établi:
200 morts, 200 disparus, 12.000 arrestations et 2000 algériens envoyés dans un camp d'internement près d'Alge...
Mais 45 ans après, aucune reconnaissance officielle de ce massacre n'est à l'ordre du jour de notre pays, si souvent donneur de leçons.
Pourtant, on garde en mémoire, les propos de Jacques Chirac, en visite en Arménie : "Tout pays se grandit en reconnaissant ses erreurs et ses drames."
Alors, quelles sont les raisons qui poussent le premier personnage de l'Etat, le gouvernement dans son ensemble, les députés de l'assemblée Nationale à rester silencieux sur ce massacre de 1961 ?
A moins que les fameux droits de l'homme n'existent pas pour les Algériens...
Le mot de la fin revient au quotidien algérien L'expression qui rappelle que la France vient d'obliger la Turquie à reconnaître le génocide arménien, et pose la vraie question à savoir si, "ce qui est valable pour les autres l'est moins pour soi..."

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