LA VERITE POUR ANNA

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Russie
Anna Politkovskaïa
Reporter pour le bi-hebdomadaire indépendant Novaïa Gazeta assassinée à Moscou le 7 octobre 2006

Signez la pétition pour la création d’une commission d’enquête internationale sur l’assassinat de la journaliste de Novaïa Gazeta, survenu à Moscou le 7 octobre 2006

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(JPEG) Assassinée à son domicile, à Moscou, le 7 octobre 2006, Anna Politkovskaïa était l’une des rares journalistes russes à couvrir les événements en Tchétchénie. Elle devait publier un article sur les tortures dans cette région, photos à l’appui, dans l’édition du 9 octobre de Novaïa Gazeta, bi-hebdomadaire pour lequel elle travaillait. Son assassin n’a même pas cherché à cacher son visage ou à désactiver la caméra de surveillance de l’immeuble. Son identité est pour l’instant inconnue.

Anna Politkovskaïa, mère de deux enfants, est née en 1958 à New York dans une famille russo-ukrainienne. Ses parents étaient diplomates auprès de l’OSCE. Elle a fait des études de journalisme à l’Université de Moscou. En 1982, elle a commencé sa carrière dans le journal Izvestia, puis à la compagnie aérienne Aeroflot. Entre 1994 et 1999, elle occupait un poste de rédactrice au journal Obschchaïa Gazeta et depuis 1999 au journal Novaïa Gazeta.

Anna Politkovskaïa était particulièrement connue pour son travail en Tchétchénie, région où elle s’est rendue plus de quarante fois. En 1998, elle avait notamment interviewé le président tchétchène Aslan Maskhadov. Elle était la seule journaliste russe à avoir couvert la deuxième guerre de Tchétchénie qui a débuté en 1999.

L’engagement d’Anna Politkovskaïa dépassait de loin sa seule profession journalistique. Elle accompagnait parfois au tribunal, les femmes russes qui avaient perdu leurs fils en Tchétchénie. Lors de la prise d’otages au théâtre Doubrovka en septembre 2002, elle avait servi de médiatrice aux autorités russes. Lors de la prise d’otages de Beslan en Ossétie du Nord en septembre 2004, qui a fait plus de trois cents victimes, une tentative d’empoisonnement l’avait empêchée de s’y rendre.

En dehors de ses reportages, Anna Politkovskaïa publiait ses réflexions critiques sur la politique russe en Tchétchénie. Quatre de ses ouvrages ont été traduits en français : « Voyage en enfer, journal de Tchétchénie » (2000), « Tchétchénie, le déshonneur russe » (2003), « La Russie selon Poutine (2005), et « Douloureuse Russie, journal d’une femme en colère » (2006). Elle avait ainsi acquis une grande notoriété dans le monde occidental.

Anna Politkovskaïa abordait dans ses reportages beaucoup de sujets tabous et ne dissimulait pas ses critiques envers le président russe Vladimir Poutine. « Tant qu’il sera au pouvoir, on ne pourra pas vivre dans un pays démocratique », disait-elle. Elle était également très critique envers le Premier ministre tchétchène pro-russe Ramzan Kadyrov.

Elle recevait des menaces de mort qui l’ont poussée en 2001 à se réfugier en Autriche. Ses amis disent que dans les derniers mois, elle se savait menacée mais repoussait l’idée de l’exil.

Pour son courage admirable dans la recherche de la vérité, Anna Politkovskaïa a reçu plusieurs distinctions : prix du Pen Club (2002), prix du journaliste et de la démocratie décerné par l’OSCE (2003), prix de l’Union des journalistes en Russie (2000) et prix d’Olof Palme (2004).

Lire l’entretien de RSF avec Vitali Iarochevski, rédacteur en chef adjoint de Novaïa Gazeta, à propos d’Anna Politkovskaïa

Lire notre dernier communiqué "Assassinat d’Anna Politkovskaïa : un mois déjà ! Reporters sans frontières appelle tous les présentateurs télévisés à porter le badge “Justice pour Anna !”

Lire la position de Reporters sans frontières dans le Moscow Times

Ecouter l’entretien avec Anna Politkovskaïa et avec Robert Ménard sur le site de RFI





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Publié dans coup de gueule

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T
Et dire que l'on a donné la Légion d'Honneur à Poutine, une honte!Je suis complètement d'accord avec l'idée de RSF, les autorités russes ne feront rien. Je signe naturellement la pétition.
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