LE FLIRT DE DIEUDONNE AVEC L'EXTREME DROITE

Il s’était battu contre le Front National. Il voulait être un rempart contre le racisme Il voulait que soit reconnu « crime contre l’humanité » l’esclavage, le colonialisme. Il voulait être le porte-parole des opprimés. De tous les opprimés… Son combat était celui d’un homme de gauche qui croyait en la République, en l’Egalité, en la Fraternité, en la Liberté. Il mettait dans son combat ses propres origines…
Puis, peu à peu, des dérapages plus ou moins contrôlés, sont apparus… Pourtant, on croyait en cet homme. Il était un peu différent des autres… Et puis, sa qualité d’humoriste avait quelque chose de positif… On se souvenait d’un certain Coluche qui avait bousculé la classe politique avec sa candidature à la présidence de la République… Mais n’est pas Coluche qui veut ! On se souvenait des sketchs décapants avec son comparse Elie…
Oui, mais derrière cette façade sympathique se cachait un homme différent. Un homme haineux. Un homme qui se servait de ses origines pour creuser son sillon et lâcher à la face du monde sa vraie couleur intérieure : brune !
Je fais partie de ceux qui l’ont défendu à l’occasion de son dérapage chez Fogiel…J’ai eu la naïveté de penser que ce sketch – certes condamnable – ne devait pas être censuré au nom de la sacro-sainte démocratie. Puis, il y a eu la compilation chez le même Fogiel du fameux sms raciste »… Nous fûmes nombreux à penser qu’il faisait l’objet d’une véritable « omerta » médiatique. Qu’il était l’homme à abattre…
Mais voilà, l’homme, dimanche dernier, a provoqué lui-même son tsunami. En parcourant les allées de la fête du Front National au Bourget, en serrant les mains de Le Pen et de plusieurs dirigeants du parti d’extrême droite il s’est de lui-même exclu de toute perspective politique. Il est passé de l’autre côté pour des raisons bassement calculatrices. Il a bafoué sa parole passée, il a sali son combat ancien. L’homme qui se voulait le rempart contre le Front National s’est couché, dimanche dernier, dans le lit de ses ennemis d’hier.
Mais cette main tendue à Le Pen n’est pas sortie toute seule de sa casquette… Il existe de nombreux liens entre l’homme et la mouvance d’extrême droite…
Du 28 au 31 août, l’homme s’est déplacé en Syrie et au Liban. Ce n’était pas le voyage d’un comédien mais celui assurément d’un politique. Ainsi à l’occasion de ce déplacement, il aura eu l’occasion de rencontrer plusieurs dirigeants arabes comme Emile Lahoud, président libanais, le général Aoun, le président du groupe du Hezbollah au Parlement Libanais ainsi que le président du Parti national social syrien… Un périple politique que l’homme doit à un certain Frédéric Chatillon, ancien responsable national du mouvement étudiant d’extrême droite, le GUD. Mais le flirt de Dieudonné avec l’extrême droite ne s’arrête pas là… L’épouse de Chatillon est une amie intime. Dimanche en passant à la réunion du Front National, il n’a pas manqué de venir lui faire la bise… Et dimanche, Dieudonné était accompagné de son « directeur de campagne », un certain Marc Robert, ancien militant du Front National dans le Val-d’Oise…
Pour terminer ce tour d’horizon de Dieudonné dans la mouvance d’extrême droite, il suffit d’aller sur son site internet La Banlieue s’exprime pour découvrir une vidéo enregistrée à la suite de son passage à la fête du front National. Dieudonné nous dit que Le Pen « a de grandes chances d’être l’homme de la révolution politique ». Oui, vous avez bien lu : l’homme de la révolution politique… Pas moins que ça !
Il ne faudra pas attendre bien longtemps pour que Dieudonné appelle à voter pour Le Pen à la prochaine élection présidentielle. Puis, on apprendra, par la suite, que le parti d’extrême droite le proposera comme candidat aux législatives… Pourquoi pas à Dreux ?
En attendant ces néfastes perspectives, nous devons engager le combat contre cet homme qui vient de pactiser avec tout ce que nous haïssons. Dieudonné ne doit plus s’exprimer au nom des jeunes de banlieue, au nom des anciens esclaves, au nom des anciens colonisés, au nom de ceux qui souffrent… Dieudonné a serré la main, dimanche, à ces hommes qui nous détestent. Nous les anciens colonisés, nous les anciens descendants d’esclaves, nous les jeunes de banlieue, nous les enfants des juifs acheminés dans les camps de la mort, nous les homosexuels, nous les roms, nous qui somment différents et qui gardons un espoir en la Liberté, en l’Egalité, en la Fraternité. Nous qui avons confiance en la République. Même si parfois, nous avons l’impression que cette République nous a un peu lâché…
Dimanche, au Bourget, Dieudonné a pactisé avec la « peste brune ». Il faudra de toutes les façons qu’il paie ce passage à l’ennemi, car nous ne devons avoir aucune indulgence face à cet individu nauséabond.
Le comique Dieudonné ne nous fait plus rire. Son dernier sketch au Bourget sent la haine. Il est temps qu’il quitte la scène, car maintenant, il nous fait gerber.

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