MEDIAS ET POLITIQUES : ILS S'AIMENT TANT !

Les français, d'année en année, jugent les médias avec une grande sévérité. Et la côte de confiance des journalistes s'effrite au fil des sondages... La campagne présidentielle actuelle est un reflet grandeur nature de ce dés-amour envers les faiseurs d'opinion.
La puissance médiatique s'est mise en rang serré pour "imposer" aux français sa vision des choix à effectuer en avril prochain. Il ne devait y avoir que deux choix possibles : Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royal.
C'était si simple...
Bien sûr, les médias n'avaient surtout pas tirés les enseignements des derniers scrutins. Cinq ans auparavant, Balladur était donné gagnant à des chiffres vertigineux. On sait ce qu'il advint ! Puis ce fut le référendum sur la constitution européenne. Dans un bel ensemble les grands médias prédirent la victoire écrasante du OUI. Il en allait de l'intérêt de la France. Pschitt !!! Les français, un peu moins cons que les journalistes pouvaient l'imaginer, donnèrent un beau coup de pied au cul à cette pensée unique qui dirige notre pays depuis des années.
Et là, surprise, surprise, un gars se pointe à l'ombre du microcosme politico-médiatique. Il sort de sa campagne et bouscule la belle unanimité parisienne...
Nos faiseurs d'opinion, nos donneurs de leçons, s'apprêtent, bien entendu, à retourner leurs vestes, au bon moment. C'est à dire au dernier moment. Il y a toujours, en France, une catégorie qui profite des situations et qui s'intitulent "résistants" juste avant de passer devant le tribunal de l'Histoire.
Mais revenons à nos moutons...
La méfiance des citoyens vis-à-vis des médias, s'est illustrée ces derniers jours de deux spécimens digne d'être étudiés dans les écoles de journalisme.
Ainsi Libération a suivi le candidat de l'UDF pendant vingt-quatre heures. Hier, dans l'article intitulé "Bayrou au pas de charge" on reste stupéfait du passage du candidat chez Jean-Pierre Elkabbach à Europe 1.
Ainsi :
"Et Simone Veil, elle soutient la création d'un ministère de l'Immigration et de l'Identité Nationale ?" tempête Bayrou dans le bureau de Jean-Pierre Elkabbach. Le PDG d'Europe 1 hoche la tête, tente de dévier la conversation : "Borloo t'appelle plus souvent en ce moment ?" Bayrou sec : "Je ne suis pas dans l'anecdotique ce matin." "Moi non plus," rétorque le journaliste en entraînant son invité vers le studio d'enregistrement. Quelques minutes, plus tard, en le raccompagnant vers la sortie, Elkabbach lui glisse : "Tu l'attaques plus lui (Sarkozy) qu'elle ( Royal)..."
Tout comme moi, vous devez apprécier cette franche camaraderie entre deux potes. On se tutoie, on s'envoie des vannes. Bon, juste ce qui est peut-être un tantinet dérangeant c'est que nous avons à faire, dans le cas présent, d'un candidat à la présidence de la République et d'un éditorialiste réputé...
Pour couronner le tout, voilà cette photo parue dans Le Monde d'aujourd'hui (enfin pour les provinciaux!) qui montre notre premier ministre en compagnie du PDG d'Europe 1 dans une complicité "touchante".
Alors comme ça, mesdames et messieurs les journalistes vont avez des états d'âme ?
Vous ne comprenez pas les raisons pour lesquelles les français ne vous aiment plus? Ne vous font plus confiance ?
Il parait que les professionnels de l'info ont le blues...Mais on l'aurait à moins, non ?
Allez un petit effort. Tentez de comprendre les raisons de cette perte de confiance des citoyens. Posez-vous les vrais questions, par exemple, celle-ci, qui semble capitale : pourquoi avez-vous laissé les communicants prendre le pouvoir à votre place sans réagir ?
Oui, pourquoi ?
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