LETTRE AU CAMARADE KOUCHNER

Publié le par paul a. cuenca


Mon cher Camarade,
Oui, je sais que tu détestes qu'on t'appelle ainsi, cela te rappelle de mauvais souvenirs. Mais pourtant, mon cher Camarade, il y a bientôt quarante ans nous étions ensemble sur les barricades. Nous rêvions d'un monde juste, égalitaire, nous lancions des pavés sur la police, nous gueulions contre la répression, nous débattions, nous refaisions le monde, dix, quinze, vingt fois par jour. Nous étions alors jeunes. Et nous étions habité par le rêve de ce monde qui se dessinait devant nous. Ah que nous souhaitions changer ce vieux monde. Cette droite au pouvoir depuis si longtemps, nous la haïssions. Et en premier lieu, son chef historique, de Gaulle. Après des années de pouvoir nous ne le regardions plus comme l'homme qui avait su dire NON à cette France qui s'était couchée, mais plus comme un despote. Nous avions certainement tort. Mais n'est ce pas le privilège de la jeunesse d'être excessif?
Et nous l'étions excessifs, toi comme moi, comme tous les autres.
Mon cher camarade, te souviens-tu des grandes manifestations qui embellissaient nos coeurs, jour après jour ?
Mon cher camarade, te souviens-tu de ces nuits d'émeutes où nous nous prenions pour des Che Guevara ?
A cette époque tu avais un sens inné de l'organisation. Tu avais même pris en main le service d'ordre des manifestations. Déjà le pouvoir, déjà les responsabilités, déjà l'ambition.
J'espère que tu n'as pas oublié cette période quand même. C'était notre jeunesse. Tu ne peux pas avoir changé de cette façon. Tu te souviens camarade quand nous partions au combat  pour affronter la police républicaine. Et cette police ne nous faisait pas de cadeaux. Déjà !
Puis, Mai 68 est passé. En juin ce fut au tour de la France réactionnaire d'envahir le pavé pour crier sa peur de la Révolution. A cette époque, un jeune de 13 ans ne rêvait que de se retrouver sur les Champs-Elysées au côté de cette réaction, de cette France moisie, de cette France qui retrouvait ses grands airs de pétainisme. Ce jeune homme, sa mère lui avait interdit de défiler. Ce jeune homme, en juin 68 tu l'aurais détesté, haï, comme nous tous. Ce jeune homme, maintenant tu vas le côtoyer en permanence puisque le voilà devenu le grand chef de la France.
Mon cher Camarade, après cette période extraordinaire où nous étions libres, fraternels, égaux, nous avons continué notre existence, sans jamais oublier ce combat qui nous forgea à jamais. Enfin, quand je dis nous, je pense à ceux qui ne se sont pas vendus au plus offrant... Et ces jours-ci, je m'aperçois qu'ils sont nombreux à avoir oublié leur jeunesse, à avoir renié leur idéal...
Mon cher Camarade, j'ai honte pour toi. Car je me rends compte que tu t'es servi de cette histoire pour assouvir ta passion du pouvoir. Te voilà prêt, toi aussi, à liquider l'héritage de mai 68.
Oui, j'ai honte pour toi car aujourd'hui tu viens de franchir le rubicond. L'histoire retiendra ta trahison.  Uniquement cela.
Demain quand tu seras dans ta salle de bain, regardes-toi bien dans la glace. Tu apercevras le visage d'un homme qui,  par soif du pouvoir, aura trahi des millions de citoyens. L'homme que tu découvriras, il y a quarante ans, tu te souviens camarade, nous le traitions de vieu con. Et bien maintenant, tu viens de pénétrer dans ce cercle que nous voulions détruire. Tu es devenu à ton tour un vieux con.
Moi, demain, je me regarderai dans la glace. Un peu plus qu'aujourd'hui. Je n'aurai pas honte de mon visage. Car, vois tu mon cher camarade, je n'ai pas tellement changé. Je garde toujours l'espoir de changer le monde, je  rêve d'une société égalitaire, où le citoyen aura toute sa place, d'une société où les immigrés auront  leur place en dehors des charters, d'une société où les enfants des sans-papiers accéderont au savoir, d'une société où les jeunes des quartiers populaires auront un avenir en dehors du commissariat et de la prison...
Je continuerai à ne pas me détester car moi, cher camarade, je n'ai pas assouvi ma soif de pouvoir par la trahison. Je suis resté un citoyen lambda, bien loin des dorures de la République, bien loin des plateaux médiatiques, bien loin des palaces.
Voilà, mon cher camarade, je voulais te dire que j'avais honte pour toi et que ta trahison fera d'énormes dégâts parmi le peuple de gauche qui  lui, ne souhaite pas liquider Mai 68, parce que mai 68 lui a apporté du bonheur. Mais toi, ton seul bonheur, c'est de te pavaner dans un fauteuil de ministre. J'espère, camarade ministre, que tu te retrouveras en face d'Eric Besson, lors du Conseil des ministres. En le regardant, tu verras ton portrait tout craché. Celui du traître de service.
Adieu, camarade, le vieux monde n'est pas derrière, hélas il est devant et tu es un de ses plus tristes représentants.
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Publié dans coup de gueule

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L
+5 pour toi voila é bone chance pour ton blog bone continuation (ési tu pouvé faire de mm pour moi sa seré kool) merci <br /> http://lefadadantras.boosterblog.com<br /> lé +5 son rendu
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B
+5 pour toihttp://elbossdel19.boosterblog.com
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P
Je comprends fort bien la colère des gens de gauche comme toi, comme moi devant ce que beaucoup appelle la trahison KOUCHNER... Tel que nous analysons SARKOZY, pour le moment et jusqu\\\'à preuve (et il en faudra), pour nous, représente la plus réactionnaire des droites depuis très longtemps avec ses appuis glauques, ses réseaux corrompus... etcSarkozy est né de la corruption des "parrains" d\\\'un certain gaullisme celui du SAC !Mais pour KOUCHNER, je pense que juger l\\\'homme sur ce que nous considérons nous comme un faux pas ou une faute grave, me paraît émotionnellement compréhensible, mais injuste.Primo , on ne peut pas juger KOUCHNER sur ce simple revirement... il rejoint aussi certains de ses amis, ceux de la haute, ceux de NEUILLY, certainement plus proches de lui que le trimeur du coin...Donc il faut y voir dans ce choix, quelque chose de sociologiquement assez logique.D\\\'autre part et secondo, peut on reprocher à quelqun de croire, peut etre à tort qu\\\'il peut être l\\\'homme de la situation dans une galère pareille... C\\\'est son image qu\\\'il prête après tout, pas son âme, et KOUCHNER a toujours été un peu idéaliste, et c\\\'est cela que nous aimons en lui...Il fallait être un peu allumé pour lancer les french doctors, en plein biaffra...Et pourtant il l\\\'a fait.Je ne reproche pas à KOUCHNER d\\\'être libre, car c\\\'est ce que je souhaite à chacun d\\\'entre nous : être libre...Et c\\\'est aussi ce que nous aimons en lui, ce côté sans frontières, et donc sans à priori... C\\\'est aussi un médecin, un vrai, un de ceux qui ne se contente pas d\\\'une clientèle de centre ville bourgeois dans une ville moyenne, avec une Madame BOVARY à ses côtés... Donc bourgeois certes, mais un de ceux qui redore le blason du genre. et un idéaliste.Tertio, je trouve, et je ne mets pas du tout dans le lot ton article, qu\\\'un HOLLANDE par son inertie et son allégeance au système au point de faire du PS de début de campagne l\\\'un des deux partis conservateurs de nos institutions bien plus traître que KOUCHNER... parce qu\\\'il a justement amené SARKOZY au pouvoir, alors que l\\\'élection n\\\'aurait pas dûe être perdue... Si et seulement si, le PS et HOLLANDE en tête (et certains des ténors aphones du PS)avaient fait leur boulot au lieu de se laisser porter par la vague, celle de la VEME REPUBLIQUE acceptée comme telle, et celle du libéralisme politique.Quatro Je crois que KOUCHNER s\\\'apercevra vite que H.VEDRINE avait raison... Qu\\\'il n\\\'est qu\\\'un alibi, qu\\\'on se sert de son image....Ce qui est important pour nous gens de gauche, ce n\\\'est pas le transfuge KOUCHNER... c\\\'est pourquoi ce besoin de sarkozy, ce risque intérieur et extérieur pris... quel mobile ?Je n\\\'attends pas de HOLLANDE qu\\\'il me livre la réflexion de son chauffeur ou du pilier du bar qu\\\'il fréquente, j\\\'attends qu\\\'il investigue, qu\\\'il analyse, et qu\\\'il réponde...Or il ne le fera pas...Il y en a plein des dirigeants du PS qui se taisent, qui retiennent leur souffle pour des prochaines législatives où nous allons boire le bouillon faute de résistance et de réalisme ! N\\\'est ce pas cela la vraie trahison? KOUCHNER serait il chez SARKOZY si la GAUCHE était crédible et forte ce qu\\\'elle devrait être par ces temps où jamais le travail n\\\'a été autant déprécié, ou la supercherie d\\\'une droite qui se dit sociale va permettre le démantellement des derniers vestiges de l\\\'héritage de la Résistance !J\\\'ai confiance dans la capacité de KOUCHNER à finir par devenir génant dans ce gouvernement, par sa capacité à ne pas "fermer sa gueule" et à "démissioner "dans quelques mois, lorsqu\\\'il constatera certainement avec amertume, que son image, celle du droit d\\\'ingérence servira une autre idée que la sienne de la fameuse union européenne, des liens avec l\\\'AFRIQUE, celle d\\\'un regain de néo colonialisme, qu\\\'à mon avis il  ne supportera pas, lui l\\\'homme de terrain... A ce moment là il sera un splendide témoin, un grand porte parole contre SARKOZY, au même titre qu\\\'un certain CHIRAC contre MITTERAND dans les années 70...C\\\'est pourquoi, je te trouve un peu dur, un peu à chaud ... mais ton blog est remarquable... viens faire un tour sur le mien !Au fait concernant 68, je pense que l\\\'image des bagnoles renversées aujourd\\\'hui déforme dans l\\\'imaginaire de nos jeunes ce que fut cette vraie floraison de liberté intelligente... je préfère de loin le sourire insolent de COHN BENDIT devant les cordons de CRS... J\\\'aime les électrons libres... c\\\'est par eux que viennent les chocs... jamais de ceux qui s\\\'agglomèrent et s\\\'identifient...et s\\\'amalgament...Alors ne hurlons pas avec les loups !
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D
merci,tian..j'en frissonne..et je suis,comme toi,"fier" de pouvoir encore me regarder encore dans une glace..et tout comme toi,je crois encore,comme il y a 40 ans,en un monde meilleur et plus juste..mais je commence à désespere de l'homme..<br /> amitiés 
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A
Koushner ne peut pas avoir de conviction pour aller ainsi vers ce qu'il y a de pire à droite. Un homme de coeur ne peut pas faire parti d'un gouvernement qui possède un "ministre de l'immigration et de l'identité nationale".Que les français puissent se tromper et ai voté pour sarkozy je le comprend (et je le déplore). Mais un ancien ministre socialiste n'a pas le droit de faire cette erreur!En tout cas très bel article, vibrant!!!
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