ASSEZ : ARRÊTONS LA CHASSE AUX SANS-PAPIERS
Je suis scandalisé par cette chasse aux sans-papiers qui, en plein mois d'aout prend des allures de rafle... et qui nous rappelle les sombres moments de notre histoire contemporaine. Un enfant de douze ans est entre la vie et la mort. Un enfant de 12 ans est dans le coma. Un enfant de douze ans a eu peur. Un enfant de douze ans a chuté du quatrième étage d'un immeuble par peur. Ivan est un sans-papier. Ivan est dans le coma à cause d'une politique d'expulsions qui tente de battre des records. Record d'arrestation, record d'expulsion. Cette politique d'expulsions massives avec des arrestations à domicile est une honte pour la France. J'ai honte de mon pays. J'ai honte, parce que dans ma famille on a connu aussi des arrestations à domicile. C'était il y a bien longtemps. Et dans notre famille on pensait que plus jamais personne, en France, connaitrait de tels agissements. Nous nous sommes trompés. J'ai le coeur serré devant cette politique qui me fait honte. Je pense aux miens qui ont été arrêtés "légalement" par des policiers français et qui ne sont jamais revenus. J'ai cru que cette époque était révolue. A tort ! Nous devons réagir. Au nom de la République. Nous ne devons pas laisser faire ces rafles honteuses au nom de tous ceux qui se sont battus pour que la France reste à jamais le pays des Droits de l'Homme.
VOICI L'APPEL LANCÉ PAR LE RESEAU EDUCATION SANS FRONTIERES (RESF)
"ON NE PRATIQUE PAS LA CHASSE À L’ENFANT SANS « DÉGÂTS COLLATÉRAUX"
"C’est un enfant, il a douze ans, il est entre la vie et la mort à Amiens. Il aurait pu être Chinois, être plus âgé, et le drame aurait pu avoir lieu à Dôle, Lyon, Lille ou n’importe où en France. Ce n’est pas un accident. C’est l’effet direct et inéluctable de la politique imposée aux préfectures et aux policiers par le gouvernement. Les services sont soumis à des quotas en matière d’interpellation (125 000 exigés par le ministre en 2007) et d’expulsions (25 000).Oui, les sans-papiers sont pourchassés par la police. Jusque chez eux.D’autres drames, moins spectaculaires, se déroulent partout en France : à l’heure où nous écrivons, 10 parents (pères ou mères) d’enfants scolarisés sont placés en centre de rétention par la préfecture de police de Paris, en attente de leur expulsion pendant qu’à la maison le parent échappé à la rafle et les enfants sont dévorés d’inquiétude devant leur avenir de demi-orphelins. A Metz, un autre père de famille risque l’expulsion par l’Allemagne vers la Mongolie. Et on pourrait poursuivre cette liste qui dénombrera toujours en deçà de la réalité arrestations et expulsions, familles déchirées et vies brisées….Le Réseau sans frontières est fier de défendre ces familles, ces enfants ; il s’efforce de construire la solidarité nécessaire, même en cette période où l’Etat, quoiqu’il en dise, en profite pour mettre les bouchées doubles.
Les enfants de ce pays, où leurs familles sont venues chercher tolérance et liberté ont le droit de vivre comme tous les enfants, sans la peur quotidienne au ventre, de même que leurs parents.
Il faut mettre fin aux expulsions, et aux pratiques auxquelles les forces de police se livrent, et donner à ceux qui vivent à nos côtés le droit au séjour..."
