LIBE...ORPHELIN

Publié le par Paul A. CUENCA



       




                                                        Florence Aubenas quitte Libé.

                                                        .

                   LIBERATION : Libé, ce journal qui nous accompagne depuis trois décennies perd peu à peu de son poids... Et nous avalons, jour après jour la pilule... Nous ne le reconnaissons plus, parfois nous le détestons, et pourtant, chaque jour nous passons chez notre buraliste pour l'acheter. Il ne correspond plus du tout à nos engagements, nos espoirs, nos révoltes, mais nous sommes encore là. Oh, certes de moins en moins nombreux, mais encore là... Pour combien de temps ? Nous perdons confiance dans ce titre qui fut notre référence. Les prises de positions de Serge July, à l'occasion du référendum nous restent en travers de la gorge... Trente ans avant, nous étions là, Libé dans la main, sur les trottoirs de Montpellier, Toulouse, Bordeaux, Marseille... Nous vendions le journal à la criée... Que d'eau coula sous les ponts depuis cette période...
        Serge est parti. Il a quitté le navire pour le sauver... Nous nous étions éloignés, peu à peu, nous lecteur, lui homme médiatique, donneur de leçons... Mais il y avait les plumes historiques. Ces journalistes qui étaient là, à la naissance de cette grande aventure, et que nous dévorions toujours avec bel appétit. Ceux-là nous ont permis de conserver notre amour à Libé, de ne pas déserter quand nous apprîmes que des grands noms du capitalisme - que nous détestions particulièrement - venaient au secours de notre cher compagnon du quotidien. Là, la pilule fut réellement amère... La cassure fut consommée...
        Et aujourd'hui,un choc terrible nous frappe en plein coeur. L'annonce par médias interposés du départ de nos amis, nos compagnons, nos plumes.
        Adieu donc à
- Florence Aubenas,
- Jean Hatzfel,
- Antoine de Baecque,
- Dominique Simonot.
        Il aura fallu écouter la radio, lire le Monde pour apprendre la nouvelle. Un nouveau signe de cette fracture qui s'agrandit entre le journal et ses lecteurs ?
        Et demain, qui d'autres ?
      Il nous faudra beaucoup de courage, de volonté et d'amour-propre pour continuer à descendre chez le buraliste, chaque matin, glisser les pièces sur le comptoir et repartir avec notre bien. Nous savons tous, que nos jours sont comptés... Que notre belle histoire d'amour et de haine entre nous touche à sa fin. Oui, encore combien de temps ?
        Au revoir Florence, Jean, Antoine et Dominique. Dans les prochains temps, nous allons chercher désespérément vos noms au bas des articles. Puis, nous irons picorer ailleurs, dans d'autres médias, quand vous aurez la bonté de nous donner quelques grains à moudre...


                La photo de Florence Aubenas vient du site de Reporter Sans Frontières dont nous publions le lien ci-après :
   
                                                   
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I
Oui, Libé n'est plus notre journal... Et chaque jour nous perdons notre patrimoine
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