INCONTOURNABLE 11 SEPTEMBRE !!!

Publié le par Paul A. Cuenca


        Je me souviens du 11 septembre. Je venais de prendre ma douche. Sur mon bureau une tasse de café fumant m'attendait. Je n'avais plus qu'à approcher mes lèvres et déguster ce liquide de belle facture qui m'éveille chaque matin, depuis si longtemps...
        Et puis, il y a aussi ce geste rituel, matin après matin. Assoiffé d'information, drogué à la presse écrite, j'ai posé ce jour-là, ce 11 septembre là, mon doigt sur la touche "Play" du  radio-cassette. La voix  embrumée du journaliste résonne encore en moi. J'allais avaler mon café, quand la phrase choc, les mots incroyables eurent raison de mon breuvage.
        D'une manière machinale, non réfléchie, j'augmentais le volume du poste. J'étais contrit, abasourdi. Mes mains se mirent à trembler. J'étais là, dans mon appartement, à apprendre la douleur du monde. A décortiquer le malheur des autres, là-bas, si loin, et subitement tellement proches.
        Je n'arrivais pas à comprendre le sens de l'histoire..
      Je stoppais haut et court ce discours qui me parvenait et qui, peu à peu, me semblait inaudible. Je voulais retrouver le silence de ma maison. J'ouvrais la fenêtre du bureau. Une légère brise tournoya autour de mon visage. L'air était frais, en, ce début de journée... Des oiseaux tournoyaient dans le ciel.
        J'étais ému par ces nouvelles effrayantes. Des larmes minuscules, salées, mais continues se frayaient un chemin sur mes joues.
        D'un seul coup, en scrutant l'horizon j'ai cru que le monde allait s'effondrer. Là, sous mes yeux.
       Mais non ! Il venait de s'effondrer, là-bas, à des milliers de kilomètres de mon confort. Je pensais à tous mes amis chiliens. Ceux qui avaient mis tous leurs espoirs dans cette démocratie naissante. Ceux qui croyaient qu'un homme nouveau pouvait naître des urnes, sans ce passage obligé par les armes, les destructions, les morts, les peines, les souffrances.
       Foutaise que tout cela !
       Non, en ce 11 septembre 1973, le fascisme venait d'assassiner cet espoir, appuyé en cela par l'oncle Sam, la CIA et la Marine de ce grand pays donneur de leçons...
   Oui, c'est à Salvador Allende assassiné que vont mes souvenirs en ce jour de commémoration universelle, à ce président rayé de l'Histoire, une mitraillette au poing et à ces milliers de chiliens tués, torturés, exécutés...
         
         
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L
"Salvador Allende assassiné..."Faux. Allende s'est suicidé (cfr les témoignages de ses gardes du corps et de son médecin personnel, présents sur les lieux).<br /> Et puisque l'on veut faire un travail de mémoire, rappelons qu'après la Cour Suprême du Chili - qui, le 26 mai 1973, avait adressé une énième protestation contre les violations sans cesse répétées par l'exécutif des décisions de justice des tribunaux (Allende y répondra en déclarant qu'en période de révolution, c'était au pouvoir politique de décider de l'opportunité de l'application des décisions judiciaires) -, le parlement, le 23 août 1973, dans une résolution, approuvée à 81 voix contre 47, après le rappel des innombrables violations constitutionnelles et légales du gouvernement Allende, demande aux autorités et aux FORCES ARMÉES de mettre fin immédiatement aux situations de fait dont ils étaient fait mention.  http://www.josepinera.com/pag/pag_tex_quiebredemoc.htm
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I
Oui, oui, oui ! Le 11 septembre est pour moi aussi la signification terrible de cet événement chilien qui marqua à jamais nos générations. Nous n'oublions pas pour autant le drame américain, mais nous refusons de tomber dans le piège médiatique qui voudrait faire croire que l'histoire ne retiendra que l'attentat aux States.<br />
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