DISPARITION

Publié le par paul.a.cuenca




    Et voilà, toute la maisonnée s’était habituée, depuis un an, à vivre à son rythme. Parfois la cohabitation était difficile, mais en règle générale, ce n’était que satisfaction.
    Puis, là, depuis une semaine, le vide.
    Oh, bien sûr, ce n’est pas la fin du monde. Nous nous en remettrons. Il y a des problèmes bien plus importants...
    Mais là, quelques larmes, douces, sincères, irrémédiables cheminent sur mes joues.
    Tian n’est plus.
    Le petit chat de gouttière s’est effacé de notre existence. Une disparition sans raison, mais non sans conséquence.
    Il était entré dans notre vie, par la petite porte. C’était un petit matin du mois de juillet de l’année précédente, au moment d’ouvrir le portail, au bout de l’allée, une petite boule tigrée s’était jetée à mes pieds, me rognant avec rage les orteils à travers des sandales en cuir épuisé.  Ce chaton ne devait avoir que quelques semaines, mais  ne voulait pas mourir. Il griffait, se cajolait, criait sa détresse…
    Il pointait son museau, comme ça, au hasard d’une matinale, et n’avait surtout pas l’intention de lâcher le morceau. Enfin, en l’occurrence, mes pieds !
    Malgré mon amour pour les félins, je ne souhaitais absolument pas m’attendrir sur le sort de ce rejeton, sorti d’on ne sait d’où.
Au bout de quelques minutes, je le prenais dans mes bras. Cela faisait quelques années que je n’avais plus entendu le doux ronronnement d’un chat. Bien qu'effrayé par ma manoeuvre, il se laissa faire, et se mit à augmenter ses ronronnements.
    Je croisais par inadvertance son regard d’animal apeuré. Immédiatement et pour éviter une catastrophe, je le reposais à mes pieds, l’enjoignant de reprendre, illico presto, le chemin du retour.
    - Allez, ouste, retournes chez toi !
    Il cligna des yeux et se recroquevilla sur mon pied gauche.
    - Allez, allez…
    Je le remis dans le droit chemin, hors de mon portail, et sur la route.
    Bon j’étais rassuré, il avait compris que ma maison n’était pas une auberge espagnole, ni le refuge de la SPA…
    Je repris le chemin de la maison, soulagé.
    Au moment d’ouvrir la porte, je me retournais pour vérifier que le petit diable avait bien compris la leçon. Rien à l’horizon. Le jardin était calme. Pas un bruit, pas un miaulement. Je pouvais retourner à mes occupations, après cet intermède animalier.
    C’est en refermant la porte derrière moi, que je compris que le diablotin avait de la suite dans les idées.
    Il s’était faufilé entre mes jambes et me contemplait dans le couloir, avec des yeux qui en disaient long sur ses intentions.
    Mon premier geste fut d’ouvrir une bouteille de lait et de lui en verser dans une petite tasse. Il se mit à laper avec force bruit. En moins de temps qu’il faut pour ranger la bouteille de lait, il se mit à pousser un miaulement rauque. Il avait faim. Ce n’était pas une plaisanterie. Bien entendu, n’ayant pas envisagé une telle arrivée, je n’avais rien qui pouvait le contenter. Dans le four, un reste d’un plat provençal attendait l’heure du repas. La présence de cet adorable chaton valait bien un sacrifice. Je posais le plat à même le carrelage de la cuisine… Comme un fou, il se précipita à l’intérieur et commença ses agapes. En quelques coups de langues, il nettoya le « tian » en terre cuite.
    Sans se préoccuper de ma présence, il se dirigea vers la véranda, et tenta l’ascension d’un fauteuil en osier. Après quelques chutes mémorables, il trouva son point d’appui et s’endormit, sans demander ses restes.
    Je le contemplais. Je savais qu’il m’avait gagné à sa cause…
    Le soir, le conseil de famille se réunit. La décision à prendre était lourde de conséquence. Mais elle fut prise à l’unanimité. Le chaton pouvait dormir sur ses deux oreilles. Il était adopté sans condition…
    C’est l’aîné des enfants qui trouva son nom : Tian. En l’honneur de son premier repas…
    Et ainsi, le petit chat sauvage entra dans notre existence…
    Il nous combla de bonheur, malgré quelques petites incartades au règlement que nous  nous étions imposé. Mais l’amour a ses raisons que…
    Et là, depuis quelques jours, Tian ne répond plus à l’appel.
    Sous la véranda, son bol de lait est renversé. Certainement le fait du hérisson qui squatte notre jardin. Sa gamelle reste désespérément pleine de croquettes…. Nous allons nous résoudre à la jeter.
    Tian ne viendra plus. Il va sortir de la vie comme il l’était entré.
    Mais là, une année après, ce sont des larmes qui envahissent notre quotidien. Ce petit animal avait réussi le tour de force d’entrer dans notre existence, le plus simplement du monde, au gré de sa fantaisie et de ses envies. Il était libre d’aller et venir comme bon lui semblait.
    Si jamais vous le rencontrez, quelque part, là ou ailleurs, surtout n’oubliez pas de lui dire que nous l’attendons avec patience et amour…
    On peut toujours rêver, non ?
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Publié dans deblogablog

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L
C'est un très jolie histoire.<br /> Frimousse  a fait à peu près pareil.<br /> Si tu repasses par chez moi, lis son histoire.<br /> Bizzz<br /> lagosse.
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A
... Que dire de plus que ce long texte... C'est effectivement bien triste, car Tian était plus qu'un chat, c'était un ami, un membre de la famille... Un animal unique. Toutes nos pensées sont tournées vers lui, avec toujours une lueur d'espoir. Tian, revient !<br /> <br /> (Johan, on écrit "faisait, pas fesait ^^)
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J
Cette nouvelle est en effet bien triste...Il fesait parti de la maison!
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