DISPARITION D'UN JUSTE
"Nos yeux reçoivent la lumière d'étoiles mortes..." Ainsi commençait le premier roman d'André Schwarz-Bart...
André Schwarz-Bart vient de s'éteindre à Pointe-à-Pitre, à l'âge de 78 ans. En 1959, il avait obtenu le prix Goncourt pour un roman culte : Le dernier des justes. Ce livre racontait l'histoire d'une famille juive à travers les âges : de la première croisade jusqu'à Auschwitz. André Schwarz-Bart pouvait parler de cette histoire en toute connaissance de cause. D'origine juive polonaise, il vit ses parents et ses deux frères arrêtés en 1942... Tous quatre disparurent en déportation...
Ce roman connu un succès mémorable. André Schwarz-Bart n'avait que 31 ans. Mais le succès ne lui monta pas à la tête. Autre temps, autres moeurs... Il décida de fuir les projecteurs du succès. De garder le silence.
Dans les années soixante-dix, il s'installa en Guadeloupe. Pays qu'il ne quitta plus. Il était marié à l'écrivaine guadeloupéenne, Simone Schwarz-Bart, avec laquelle il publia, en 1967 Un plat de porc aux bananes vertes.
Son dernier roman paru en 1972. La mulatresse solitude, retraçait l'histoire de l'esclavage en Guadeloupe.
Sa dernière intervention publique remonte au printemps de l'an dernier. Avec force, il avait dénoncé "un vent étrange, fait de xénophobie, de refus de l'étranger... de désirs d'expulsions et d'espoir de pogroms..."
Un domaine que connaissait particulièrement cet homme qui jusqu'au bout de son existence se comporta comme un juste. Peut-être, le dernier...

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