Plus tard ...

Maintenant, je suis très vieux. A ton tour, tu as des enfants. Tu possèdes également toutes ces choses que je n'ai pas eues, prétextant que je n'en avais pas besoin : une voiture puissante, une maison de campagne, une villa au bord de la mer...
Je n'ai jamais compris quel était au juste ton métier. De ce côté-là, j'étais bien incapable de te donner un seul conseil.
Je suis dans le jardin. Tu remontes la couverture qui est sur mes genoux.
Que fait ta mère ?
Mes yeux sont fatigués. Je n'arrive plus à lire. Je me frotte les paupières. Une fois de plus, une fois encore, je repense à mon père, à ma mère ...
Je serai dans un hôpital en train de pisser le sang. Ou j'aurai une tumeur au cerveau. Ou mes yeux se voileront de noir. Ou je ne quitterai plus mon fauteuil roulant. Ou ça sera tout à la fois ...
Il y aura des frères, des soeurs. Plein. Je me mélangerai dans les prénoms. Le dimanche matin, je vous lirai à haute voix Les Trois Mousquetaires. Vous serez tous assis en rond sur la moquette. chut, Papa lit. Je chausserai des lunettes en demi-lune, les mêmes que mon père. Je n'aurai pas besoin de réclamer le silence. Vous n'attendrez que cela. un chapitre par week-end. Cela durera un hiver entier. Il faudra que je remette la main sur mon vieil exemplaire rouge et or, dans la collection où se succédaient Croc Blanc, Le Dernier des Mohicans, Mr Pickwick, Trois hommes dans un bateau ! Je refermerai le livre d'un coup sec. Fini pour aujourd'hui. Malgré vos supplications - la suite, la suite ! - je serai intraitable. La semaine prochaine, pas avant. Et je veux voir votre carnet de notes.
Le temps passera. De plus en plus, vous inventerez des prétextes pour échapper à ces lectures. Papi, nous barbe. Je ne m'apercevrai de rien. Un beau jour, je me retrouverai tout seul dans mon fauteuil, un volume inutile sur les genoux. Isabel poser une main sur mon épaule. J'ôterai mes lunettes, me gratterai les ailes du nez en soupirant. Un dimanche de plus. Vous ferez la grasse matinée. Vous serez grands.
Je n'ai jamais compris quel était au juste ton métier. De ce côté-là, j'étais bien incapable de te donner un seul conseil.
Je suis dans le jardin. Tu remontes la couverture qui est sur mes genoux.
Que fait ta mère ?
Mes yeux sont fatigués. Je n'arrive plus à lire. Je me frotte les paupières. Une fois de plus, une fois encore, je repense à mon père, à ma mère ...
Je serai dans un hôpital en train de pisser le sang. Ou j'aurai une tumeur au cerveau. Ou mes yeux se voileront de noir. Ou je ne quitterai plus mon fauteuil roulant. Ou ça sera tout à la fois ...
Il y aura des frères, des soeurs. Plein. Je me mélangerai dans les prénoms. Le dimanche matin, je vous lirai à haute voix Les Trois Mousquetaires. Vous serez tous assis en rond sur la moquette. chut, Papa lit. Je chausserai des lunettes en demi-lune, les mêmes que mon père. Je n'aurai pas besoin de réclamer le silence. Vous n'attendrez que cela. un chapitre par week-end. Cela durera un hiver entier. Il faudra que je remette la main sur mon vieil exemplaire rouge et or, dans la collection où se succédaient Croc Blanc, Le Dernier des Mohicans, Mr Pickwick, Trois hommes dans un bateau ! Je refermerai le livre d'un coup sec. Fini pour aujourd'hui. Malgré vos supplications - la suite, la suite ! - je serai intraitable. La semaine prochaine, pas avant. Et je veux voir votre carnet de notes.
Le temps passera. De plus en plus, vous inventerez des prétextes pour échapper à ces lectures. Papi, nous barbe. Je ne m'apercevrai de rien. Un beau jour, je me retrouverai tout seul dans mon fauteuil, un volume inutile sur les genoux. Isabel poser une main sur mon épaule. J'ôterai mes lunettes, me gratterai les ailes du nez en soupirant. Un dimanche de plus. Vous ferez la grasse matinée. Vous serez grands.
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